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La photographie en DRI

Cet article a été écrit par Alexandre Félix, un jeune photographe, aujourd’hui invité sur mon blog. Si vous êtes photographe ou blogueur et que vous souhaitez aussi écrire ici, n’hésitez pas à me contacter![divider_line]

L’œil humain ajuste naturellement l’exposition de notre vue aussi bien au premier plan, qu’au second. L’appareil photo, lui a du mal avec une seule photo à exposer correctement le ciel et l’avant plan surtout dans des moments de lumières contrastées (lever ou coucher de soleil).
Une technique photographique permet de résoudre ce problème, c’est le DRI.

Différence en HDR et DRI ?

Le Dynamic Range Imaging, est une technique photographique cousine du HDR.
La différence entre le HDR et le DRI est simple, la profondeur de l’image varie, 8 bit à contrario du HDR qui est en 32 bit. La profondeur définit la quantité d’informations chromatiques disponibles pour chaque pixel dans une image.

L’image numérique classique est codée sur 256 valeurs (entre 0 et 255) sur chaque plan rouge, vert et bleu, c’est-à-dire avec 24 bits par pixel (3 × 8 bits). L’écart d’intensité lumineuse entre le pixel le plus lumineux et le pixel le plus faible, non noir, n’est donc que de 255. Or, dans la réalité, il est courant que la dynamique entre les zones les plus lumineuses et les plus sombres d’une scène soit plus grande. Les images HDR utilisent plus de bits par pixel que les images classiques et permettent de stocker une dynamique largement supérieure.
Les images RVB 8 bits par couche sont parfois appelées images 24 bits (8 bits x 3 couches = 24 bits de données pour chaque pixel).

Avec une image DRI, les lumières sont équilibrées sur toutes les zones de votre photo, pas de zones surexposées ou sous exposées.
Vous allez pouvoir récupérer de la matière, donner plus de caractère à votre image grâce à une exposition parfaite sur son ensemble.

HDR

DRI

Dans la pratique.

On commence comme le HDR, vous allez devoir vous munir de votre trépied et prendre trois photos du même point de vue avec la même mise au point.
Il faut une photo surexposée pour déboucher les ombres, une sous exposée pour récupérer de la matière (notamment pour faire ressortir les nuages dans le cas d’une photo de paysage), et une à exposition normale qui sera votre base.

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Le reste du travail se passe en post production, après avoir ajuster vos réglages colorimétriques et autres sur Caméra Raw, il vous suffira sur Photoshop de superposer vos trois images et de créer des masques de fusion pour garder uniquement le meilleur de chaque image.
Un masque de fusion est une sorte de masque qui vient s’ajouter à un calque pour effacer certaines parties de l’image. si la couleur choisie est la couleur noire, le masque de fusion sera complètement actif (il fera disparaître toute la partie de l’image selectionnée). Si la couleur est blanche, alors le masque de fusion ne fera pas disparaître de partie de l’image (ou fera réapparaître une partie masquée).
Dans mon cas, j’ai utilisé le ciel de la photo sous-exposée, et la surface de l’eau de la photo surexposée pour rééquilibrer mon image de base.

Capture d’écran 2013-02-01 à 14.09.20

Après quelques réglages de retouche sur chacune des trois images (Niveaux/Luminosité/Contraste/Balance des couleurs), j’arrive à un résultat beaucoup plus intéressant comme si je n’avais pris qu’une seule photo exposée correctement.

Pour ceux qui sont plus fainéant, il existe un plugin Lightroom, Enfuse qui fait le rendu automatiquement de vos trois images. Le résultat ne sera pas le même que si vous le faites manuellement, mais il ne sera pas non plus du HDR. C’est une question de goût.

Quelques tutoriaux sont disponibles ici en anglais :

Sur Flickr

Chez terrychay.com

Chez Dgrin

Le DRI en photo de paysage.

Cette technique est souvent utilisée pour la photographie de paysage, le ciel est davantage présent et crée des images spectaculaires.

J’ai eu l’occasion d’appliquer cette technique lors de mon séjour en Nouvelle Zélande, je vous laisse découvrir quelques photos de ma série.

 

tussock

 

MtCook

 

lindis

 

FranzJosef

[divider_title title= »L’auteur »]

Capture d’écran 2013-02-01 à 14.19.10Alexandre Félix, 22 ans, est directeur artistique. Quelques années à Sup de Pub lui permettent de rencontrer des professionnels du milieu, mais aussi des photographes et des artistes passionnants.
Le réflex avec lequel il « jouait » depuis 2008 devient alors son outils de travail. Il s’amuse à donner vie à ses maquettes tout en recréant les univers qui l’inspirent. C’est en remplissant son doss’ de pubard, qu’il perfectionne sa technique et que son matériel évolue. Il se lance alors des défis.
Son dernier trip en date, la Nouvelle Zélande, où lui et son sac à dos sont partis au cœur de la nature shooter le paysage sous son plus beau profil.

Son site internet

Sa page Facebook

40 commentaires sur “La photographie en DRI”

  1. Si j’ai bien compris il s’agitt d’un HDR fait manuellement, pour mieux contrôler l’exposition des différentes zones, c’est bien ça ?

    En tout cas je suis d’accord avec Darth, j’adore le rendu, bien plus intéressant que le HDR. Superbes photos. Alors merci pour l’astuce !

    1. Pas tout à fait ; puisqu’Enfuse permet une fusion automatique en DRi (moi j’appellais ca la fusion d’exposition, je me coucherais moins con ce soir ^^)
      La différence majeure dans le traitement auto entre un HDR et un DRi (donc) c’est (sous le contrôle de l’auteur de l’article, bien sûr) :
      – le HDR est généré en 32 bits ; et tu dois le « tonemapper » pour obtenir une image « visible » correctement sur un écran (en 8 ou 16 bits) ou sur un tirage
      – le DRi est généré en 8 ou 16 bits (en fonction des images sources) ; le principe d’un Enfuse est de sélectionner pour chaque pixel de ton image finale le pixel le plus approprié parmi tous les « calques » d’entrée.

      Chais po si c’est plus clair dit comme ca :-/

      1. Pas tout à fait plus clair :/

        J’ai bien saisi pour la différence de bits (32 pour le HDR, 8 ou 16 pour le DRI).

        Le problème doit venir du fait que je ne suis pas tellement familier avec les masques de fusion 🙂

        Je ne sais toujours pas concrètement comment faire un joli DRI, mais je vais essayer de bien comprendre les deux ou trois tuto proposés. Je crois qu’il faut un peu d’entrainement.

        1. Photomatix te permet de fusionner tes images d’entrée soit avec Enfuse soit en mode HDR.
          Il y a même une version d’essai 😉

          Comme ca tu pourras comparer le résultat dans les deux modes.

  2. Retour de ping : La photographie DRI, une alternative au HDR | Marc Charbonnier | Photographie, d'ailleurs! | Scoop.it

  3. Je me permets d’ajouter un élément à cet article.
    Sur cette photo que j’ai prise lors d’un coucher du soleil :
    http://www.flickr.com/photos/vorenus/8142818760/in/photostream

    Mon reflex ne pouvait pas exposé correctement la rivière sans que le ciel soit en sur exposition. Pour régler ce problème, j’ai pris deux photos : la première correctement exposé sur le ciel et la deuxième sur la rivière.
    Sous photoshop, j’ai mis la première par dessus la deuxième. Sur le première, j’ai ajouté un masque de fusion dans lequel j’ai fait un dégradé du noir au blanc de haut en bas. Ce qui permet de faire une jolie transition entre les deux images
    .
    Personnellement, ce que j’aime dans le DRI c’est l’authenticité de la photo est des couleurs, toutefois il y a quand même des artistes qui font des superbes photos en HDR.

  4. Perso je connais et utilise cette technique parfois … elle est parfaite quand un filtre gris dégradé n’est pas satisfaisant.

    Par contre j’ai appris le nom de la technique, qui n’a rien à voir avec le HDR.

  5. Les photos sont incroyables ! J’adore, ça apporte une dynamique forte sans avoir l’effet « abusé » des HDR.
    Je vais creuser pour voir si Enfuse existe en plugin pour Aperture (pas de version sur le site de l’auteur).

    Merci une fois de + pour ce bel article !

  6. Intéressant tout ça, et le rendu est très beau, moins artificiel que le HDR. Par contre l’explication technique va falloir que je la relise tête reposée 😉
    Ne connaissant rien aux masque de fusions et compagnie, je vais m’intéresser un peu à Enfuse je pense.

      1. Marc,

        J’ai déjà commenté précédemment, et malgré les précisions de Seb j’ai encore du mal à tout comprendre.

        Disons que j’ai très bien compris pour la théorie, mais en pratique, je ne sais pas comment faire

  7. Bon si j’ai bien compris je fais déjà du DRI sans le savoir !
    C’est le même principe que d’utiliser directement un filtre gradué sur son objectif, sauf qu’ici on ne se limite pas un « masque » horizontal mais on peut faire toutes les formes que l’on veut.
    Par contre je trouve l’article un poil trop concentré sur la théorie, j’aurais voulu voir un exemple pratique mieux illustré.

  8. Retour de ping : La photographie DRI, une alternative au HDR | Marc Charbonnier | Jaclen 's photographie | Scoop.it

  9. Retour de ping : La photographie DRI, une alternative au HDR | Marc Charbonnier | INFORMATIQUE 2013 | Scoop.it

  10. Bonjour à tous.
    Merci de cet article. Ce qui est décrit s’appelle la fusion d’exposition. Par contre l’auteur à raison car cette technique utilisée dans enfuse ou photomatix fait partie de la technique DRI, dynamic range increasing. Je vais écrire prochainement un article dessus sur mon site. N’hésitez pas à venir y jeter un œil!
    Salutations

  11. très bonne technique, assez simple a mettre en oeuvre pour qui connais un peu les masques (eux aussi sont simple a comprendre au final) et qui permet vraiment de beaux effets. Les photos sont sublime bravo.
    Rien que pour ce genre de photo c’est tentant d’acheter un trépied…

  12. Retour de ping : La photographie en DRI | Photography Stuff For You | Scoop.it

  13. Retour de ping : Revue de Web de la Photographie, Février 2013

  14. Navré mais la résolution d’encodage n’a rien à voir avec la technique employée. C’est pas parce qu’un HDR peut s’encoder en 32 bits par couche que ceci explique cela. De même rien n’oblige à travailler en 8bits par couche en fusion manuelle. Faire son « Tone Mapping »à la mano par fusion de claque et l’appeler DRI pourquoi pas mais ça s’arrête là.

    1. C’est ce que je me disais aussi…
      qui peut le plus peut le moins, on a autant fait de garder toutes les données, quitte à les coder en 32 bits

  15. Retour de ping : La photographie DRI, une alternative au HDR | M...

  16. Super article. J’utilise depuis 3 ans Enfuse et EnfuseGUI sur MAC qui marche très bien.
    Je ne peux que conseiller la chose. http://software.bergmark.com/enfusegui/Main.html
    En plus c’est gratuit mais rien n’empêche un don à l’auteur.

    J’avoue que je ne connaissais rien à la machinerie derrière. Je pensais que c’était une autre approche du HDR d’un point de vue algorithmique. En tout cas les HDR à la sauce photomatix ne m’ont jamais plus.

    Merci pour les explications.

  17. Superbes photos et bravo pour votre travail ! Merci de nous le faire partager aussi !

    J’ai juste une question car je ne suis pas sûr d’avoir tout compris. La différence entre le HDR et le DRI se trouve dans le post traitement et non dans la prises des photos, c’est correct ?

  18. Le DRI peut se faire avec n’importe quel photo, il suffit de multiplier la même image sur plusieurs calques superposés,, de faire des réglages différents sur chacun des calques et ensuite, par masquage, de conserver le meilleur de chaque calque. La définition et les bits n’ont aucun rôle. Bon amusement !!

  19. Retour de ping : Interview d’Alexis Maillard | Capteur de Rêve

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